L’Aviation Générale :
piste d’envol du dynamisme de la Mayenne

Réunis pour le congrès annuel du GIPAG, entrepreneurs, formateurs, représentants de la DGAC ainsi que Guillaume Garot, député de la Mayenne ont débattu le rôle de l’aviation générale dans les territoires. Les propos clés.

« Dans le département de la Mayenne, nous avons toujours veillé à défendre cet outil du développement économique qu’est notre aéroport. » Dès ses premières interventions au congrès du GIPAG, Guillaume Garot, député socialiste et apparenté de la première circonscription de la Mayenne rappelle le fervent engagement de son département dans le maintien de ses infrastructures aériennes.

Un levier de développement pour les entreprises

L’aéroport relie les entreprises à leurs clients, à leurs filiales et à de nouvelles opportunités. Samuel Tual, président d’Actual Group, confirme ainsi que « toute notre croissance externe a été possible grâce à l’aviation privée. » Si le train dessert efficacement Paris, les déplacements transversaux restent plus complexes : « Sans l’avion, un Laval – Bordeaux me prendrait cinq heures. »

Une ressource si vitale qu’Actual Group a décidé d’investir dans ses propres appareils et de lancer officiellement la compagnie Air Mayenne en 2022. « L’objectif étant de mutualiser cet investissement et de permettre à toutes les entreprises qui participent au dynamisme de nos territoires d’en bénéficier. »

Chez Rapido, qui compte 11 sites industriels en Europe, les avions servent aux déplacements d’affaires comme à l’acheminement urgent de pièces pour une chaîne de fabrication. Un impact si positif que Jean-Philippe Doison, pilote de la société, en regrette la mauvaise image du secteur en France.  « C’est très français de croire que l’aviation d’affaires ne concerne que la jet set. C’est pourtant un secteur qui maintient des entreprises, des emplois, ou même des vies en transportant des organes. »

L’avenir des aérodromes reste soumis aux coûts et aux arbitrages locaux souvent mal informés quant aux impacts réels de ces activités aéronautiques.

Éclairage de la DGAC

Gilbert-Guicheney-DGACNous avons là des démonstrations magistrales de l’intérêt de l’aviation générale et d’affaires. Nous sommes conscients qu’il est impératif de travailler à restaurer l’image de ce secteur. Nous sommes présents sur tout le territoire par l’intermédiaire de nos directions interrégionales (DSAC). Ces dernières sont certes le relai des politiques publiques mais ont aussi le pouvoir de la parole. Dans l’intérêt général, nous entendons mieux faire connaître l’ensemble des impacts territoriaux de l’aviation générale auprès des décideurs locaux qui n’en ont pas forcément conscience.

Gilbert Guicheney,
Directeur de la Mission pour l’Aviation Légère et Générale et les Hélicoptères à la DGAC

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L’aviation générale déjà laboratoire de l’innovation responsable

Pour Samuel Tual, il est évident qu’une autre difficulté de l’aviation générale est de faire face à l’image d’un secteur qui serait émetteur de gaz à effet de serre alors même que « ses avions consomment de moins en moins et les innovations vertueuses ne manquent pas ! »

La transition en cours vers l’usage de carburants d’aviation durables (SAF) resterait largement insuffisante. Si Rapido se dit prêt à investir dans cette évolution, Jean-Philippe Doison souligne que « la disponibilité locale des SAF reste encore trop limitée en France. » L’enjeu est de rendre ces solutions accessibles aux opérateurs.

L’électrification offre alors une autre voie, déjà expérimentée pour la formation comme en témoigne Éric de Lacombe, instructeur à l’aéroclub du Mans. Celui-ci s’est équipé du Pipistrel Velis Electro, certifié par l’EASA en 2020. Comparée à la motorisation thermique, sa propulsion électrique permet de réduire les dépenses d’énergie. « Le Velis Electro a un prix de revient équivalent, mais représente seulement 5 à 6 euros de coûts de recharge. »

Si l’intérêt économique est indéniable, l’appareil contribue également à réduire les pollutions carbone et nuisances sonores pour les riverains tout en « allégeant la fatigue de nos instructeurs. »

Une réponse aux attentes des pouvoirs publics comme en témoigne le député Guillaume Garot. Sans renier l’impact environnemental de l’aviation, il martèle qu’il faut simplement « lui laisser le temps de faire mieux car on ne peut pas se passer d’elle. »

Pour autant, l’effort écologique ne serait pas un argument d’attractivité pour les personnes à la recherche d’une formation ou pour les jeunes intégrant les classes de BIA.

Éclairage de la DGAC

Gilbert-Guicheney-DGACOutre la communication, il convient de garder en tête la juste utilisation de l’aviation. Dans un monde où il est de notre devoir de nous préoccuper des ressources limitées et de l’empreinte de nos activités, la réponse ne peut pas être « pas d’aviation », mais plutôt « l’aviation quand elle est utile. » Les usages tels que l’apprentissage, ou le développement économique, doivent nécessairement être favorisés.

Concernant le Velis Electro, il est important de souligner que la France est le premier pays d’exploitation de l’appareil. La DGAC s’est positionnée comme facilitatrice des discussions entre la FFA, les expertises nationales et l’EASA afin d’assurer un déploiement utile et sûr.

Gilbert Guicheney,
Directeur de la Mission pour l’Aviation Légère et Générale et les Hélicoptères à la DGAC

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Aéroclubs et BIA : piliers de l’attractivité du secteur de l’aviation

Car avant d’être des laboratoires de l’innovation aérienne, les aéroclubs constituent une porte d’entrée vers les métiers de l’aéronautique. Sébastien Normand, président de celui de Laval, rappelle l’importance du réseau de quelque 600 aéroclubs de la Fédération française aéronautique (FFA) et de leurs écoles de formation pour faire découvrir le secteur aux jeunes. « S’il y a de l’aviation générale ou de l’aviation d’affaires aujourd’hui, c’est parce qu’à un moment donné les pilotes ont franchi la porte d’une école en se disant qu’ils voulaient en faire leur métier. »

En lien avec les établissements scolaires, ils accompagnent également les classes de brevet d’initiation aéronautique (BIA). Ce cursus apporte une culture scientifique et technique de l’aéronautique et de l’espace, tout en ouvrant des perspectives au-delà du pilotage : maintenance, industrie, contrôle aérien ou carrières militaires.

À Laval, « la première classe de BIA comptait déjà 45 inscrits lors de son inauguration » la veille de cette table ronde, se félicite Sébastien Normand. Parallèlement à ce dispositif, l’aéroclub forme chaque année 60 nouveaux pilotes dans le cadre de sa propre activité. Deux signes de l’attractivité de la filière.

Cette mission repose largement sur le bénévolat et sur des soutiens locaux. Avia Laval, qui accueillait le congrès, et Actual Group contribuent notamment en mettant des aéronefs à disposition à des fins pédagogiques. Ces partenariats ancrent la formation dans le tissu économique et rapprochent les jeunes des entreprises. Un engagement local auquel se joint également le secteur militaire qui a permis le survol de l’aéroclub par des Rafale, signe que la contribution de ces organismes est prise très au sérieux par l’institution toujours à la recherche de nouveaux talents.

À Laval, le congrès du GIPAG a montré que l’avenir de l’aviation générale dépasse la seule défense des pistes. Il tient à sa capacité à soutenir le tissu économique local et à former une relève qui continue de rêver de prendre les airs.

Éclairage de la DGAC

Gilbert-Guicheney-DGACLe BIA est le grand succès français pour attirer les jeunes vers l’aviation. Plus de 20 000 d’entre eux passent chaque année le BIA en France. On dit parfois que c’est le seul projet de l’Education nationale où tout se passe bien parce qu’il est exclusivement pris en main par des passionnés. Donc, malgré les difficultés, tout finit toujours par fonctionner dans l’intérêt des jeunes et du secteur de l’aviation.

La DGAC s’appuie largement sur les différentes fédérations aéronautiques pour promouvoir le BIA ; l’opportunité de faire des vols en aéroclubs pour les jeunes qui suivent la formation au BIA fait l’objet d’actions spécifiques dans le cadre des politiques publiques de la DGAC ; en effet, c’est de la pratique que viendra l’étincelle de ces jeunes pour l’aviation.

Gilbert Guicheney,
Directeur de la Mission pour l’Aviation Légère et Générale et les Hélicoptères à la DGAC

Repère : nous vous conseillons de visionner la vidéo de 01:01:34 à 01:11:01

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Le Congrès du GIPAG 2026 en quelques mots