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L’Aviation Générale recrute !

Les ateliers font face à une problématique de recrutement : ils ont de plus en plus de difficultés à trouver du personnel compétent. Nous avons interrogé Frédéric Beltzer, responsable de l’activité aéronautique pour Sovitrat et directeur de son agence parisienne.

Le GIPAG vous a sollicité pour réfléchir à une solution, pourquoi ?

Sovitrat est un groupe de travail temporaire indépendant qui existe depuis 40 ans. Nous nous sommes intéressés au secteur aéronautique il y a 6 ans. Depuis, nous avons ouverts trois agences spécialisées à Bordeaux, Toulouse et Marignane, compétentes sur les métiers de la production aéronautique, de la maintenance et de l’aéroportuaire.

Nous avons adhéré au GIPAG il y a quelques années pour nous tenir au courant des évolutions réglementaires et nous faire connaître. Les membres, essentiellement les ateliers de maintenance, nous sollicitent ponctuellement pour leur trouver des mécaniciens puisque Sovitrat fournit également des
prestations de recrutement. Après avoir écouté et analysé leurs différentes problématiques en matière d’emploi, j’ai proposé mon aide sur ce dossier.

Qu’avez-vous constaté ?

Il y a très peu de gens compétents et disponibles sur le marché dans le secteur de l’aviation générale. Les membres du GIPAG ont besoin de techniciens confirmés et je suis souvent confronté au même échec auquel ils doivent faire face : très peu de personnes répondent à leurs critères de recherche ou bien on est en présence de mécaniciens qui ont déjà fait le tour de presque tous les ateliers de France et de Navarre… L’aviation générale a des besoins particuliers. En matière de profils, tout d’abord : souvent, les ateliers cherchent des détenteurs de licences B1.2 ou B3 avec de bonnes connaissances sur les moteurs à pistons ou des B1.1 avec de bonnes compétences sur turbine. Les premiers sont plutôt rares, les jeunes sortant de formation optant généralement pour l’aviation commerciale.

Ensuite, il est compliqué de vendre l’aviation générale à des B1.1 qui travaillent déjà en compagnie aérienne.

D’autres contraintes entrent également en jeu : de mobilité, les ateliers sont répartis un peu partout en France or, le peu de profils que nous trouvons veut rester à proximité du lieu d’habitation ; de rémunération, souvent inférieure à ce que peuvent proposer les compagnies aériennes ou leurs sous-traitants ; de polyvalence ou de comportement, etc. Nous ne trouvons tout simplement pas de candidats ! La conséquence est que les ateliers refusent des avions de clients parce qu’ils n’ont pas le personnel ou les compétences – réglementaires – nécessaires pour les entretenir !

Existe-t-il des solutions ?

Avec les entreprises du GIPAG, nous travaillons à la fois sur le long et le court terme. Tout d’abord, il faut prévoir de remplacer le personnel qui partira à la retraite dans quelques années. Pour ne pas se retrouver avec des problématiques de main-d’oeuvre et de compétences dans l’avenir, il faut intervenir à la source, à savoir promouvoir ces filières auprès des jeunes : bac pro Aviation générale, licence B3, licence B1.2… C’est le travail des organismes de formation, qui sont pour certains déjà mobilisés, mais aussi de nos autorités de tutelle ou encore des groupements à l’instar du GIPAG. Il est important d’utiliser les différentes sources et supports à notre disposition pour communiquer, notamment sur les emplois offerts dans l’aviation générale.

A plus court terme, il s’agit de répondre aux besoins immédiats des ateliers.

Les jeunes diplômés ne sont pas seuls sur le marché de l’emploi. Ces dernières années, nos agences ont constaté une baisse significative des demandes de techniciens dans l’aviation commerciale, dont les acteurs doivent aussi faire face à la concurrence de pays proposant une maintenance à moindres coûts. En conséquence, nous trouvons sur le marché des gens très compétents avec des licences B1.1 validés, voire.1,.2 ou 3, QT, et « APRSsables ». Une solution serait de transformer ces licences B1.1 en B1.2 ou B3, ce qui permettrait aux ateliers d’avoir des personnes déjà expérimentées et formées à leurs activités et environnements de travail. Pour cela, il faut trouver des sources de financement.

Quelles sont les actions à mettre en place ?

Avec l’accord de Mme Horiot, nous ouvrons une section « emplois-formation » au sein du GIPAG et je suis désigné comme interlocuteur dédié sur ce thème, pour faire l’interface entre les ateliers et les autorités de tutelle. Cela permettra de remonter à ces dernières nos problématiques et, surtout, de trouver des solutions. À cette fin, nous demanderons très prochainement aux adhérents de définir exactement quels sont leurs besoins en personnels et quels freins ils rencontrent, vis-à-vis de la réglementation notamment. Il s’agira ensuite de « sourcer » les organismes de formation capables de répondre à ces besoins.

Concernant les transformations de licences, nous avons débuté la phase de recherche de financements. Le retour auprès des mécaniciens auxquels nous avons parlé de cette possibilité est plutôt positif. Enfin, il appartient à chacun de faire la promotion de l’aviation générale et de ses métiers dès qu’il le peut !

By | 2018-03-19T20:58:04+00:00 juin 30th, 2015|Actualités|